Black Swan, de Darren Aronofsky
Mardi 28 février 2012 – 21h00 – Marvejols (Trianon-Cinéma)
Nina est ballerine au sein du très prestigieux New York City Ballet. Sa vie, comme celle de toutes ses consoeurs, est entièrement vouée à la danse. Lorsque Thomas Leroy, le directeur artistique de la troupe, décide de remplacer la danseuse étoile Beth Mcintyre pour leur nouveau spectacle, « Le Lac des cygnes », son choix s'oriente vers Nina. Mais une nouvelle arrivante, Lily, l'impressionne également beaucoup. « Le Lac des cygnes » exige une danseuse capable de jouer le Cygne blanc dans toute son innocence et sa grâce, et le Cygne noir, qui symbolise la ruse et la sensualité. Nina est parfaite pour danser le Cygne blanc, Lily pour le Cygne noir. Alors que la rivalité de Nina et Lily se mue peu à peu en une amitié perverse, Nina découvre, de plus en plus fascinée, son côté sombre. Mais s'y abandonner pourrait bien la détruire.
Avec Black Swan, Darren Aronofsky signe un somptueux conte gothique, mortifère, qui montre les étapes que va suivre une jeune fille pour passer de son statut d'enfant dans lequelle la maintient sa maman - Natalie Portman s'appelle Nina dans le film, comme niña ("enfant") en espagnol, et son corps, à force d'entraînement et de régime, a acquis l'étrangeté d'un corps de vieille petite fille - à celui de femme sexuée, assumant son désir et sa jouissance. Gamine frigide figée comme par un sortilège maléfique dans ses attributs de petite fille - vêtue de rose pâle, entourée de peluches, emprisonnée par l'amour dévorant de sa mère -, Nina devra s'en sortir pour accéder au rôle de sa vie, celui du Cygne dans le ballet de Tchaïkovski Le Lac des cygnes. Cygne blanc de l'innocence, mais également cygne noir du mal. Ce que filme Aronofsky à travers les scènes d'hallucinations psychotiques de Nina, c'est une suite de symboles sexuels tout droit issus du conte de fées : du doigt de Nina qui saigne constamment - comme la Belle au bois dormant qui se pique le doigt - à ses irruptions cutanées dans le dos, comme le début de sa métamorphose.
Tel un conte, Black Swan est un univers clos : celui de ces boîtes à musique tapissées de miroirs où une petite ballerine n'en finit pas de tourner en rond sur une comptine angoissante, reproduit à échelle de tout le film. Nina parviendra-telle à sortir de la boîte (symbole de virginité), à franchir les miroirs ? Mais ce qu'il y a de plus intéressant dans Black Swan, c'est la manière dont Darren Aronofsky bouscule les règles du conte : ici, l'accomplissement de soi passe par le mal, l'acceptation de sa part animale, et le désir sexuel assumé et l'ambition professionnelle puisent à cette même source. Pour devenir une femme, il faut être prête à tuer. Dans Black Swan, la métamorphose réussie n'est pas celle de l'animal en femme, contrairement au conte, mais de la femme en cygne noir.
Source : Nelly Kaprièlian - Les Inrockuptibles
Black Swan (2010), de Darren Aronofsky - 1h49 - VOST
Certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des jeunes publics
La projection sera suivie d'un débat animé par M. Blanco du Lycée Théophile Roussel de St-Chély d'Apcher
Infos pratiques :
Trianon-Cinéma de Marvejols
04 66 32 01 14
www.trianon-marvejols.fr
Tarif Plein : 7,10 €
Tarif Réduit : 6,10 €
Bande-annonce :
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